Origine

Les poneys sont endémiques en Grande-Bretagne, au moins depuis 10 000 ans. De nombreuses régions ont livré des fossiles. L'expansion humaine a vraisemblablement poussé ces poneys à s'établir dans des régions moins peuplées, isolées, au relief et au climat difficiles auxquels ils se sont adaptés4,Note 1. Plus qu'une race propre au Devon, le poney du Dartmoor semble le résultat d'une rude sélection naturelle à laquelle s'ajoutent de nombreux croisements. Les landes du Dartmoor1, un plateau humide et venteux, parfois aride, lui ont donné son nom. Le paysage est un mélange de landes, de tors rocheux (collines composées de grandes roches granitiques), de marais, de rivières et de vallées. Des animaux souvent de petite taille et de « qualité médiocre » y vivent en liberté depuis des siècles. Les chevaux d'origine sont peut-être de souche celtique. Des ossements de chevaux préhistoriques ont été retrouvés dans la tombe de Severn-Cotswold, remontant à la transition entre une société de chasseurs-cueilleurs et une société agricole (Révolution néolithique), vers - 3500. Les animaux sont certainement encore sauvages. Des recherches archéologiques effectuées dans les années 1970 montrent que ces poneys sont domestiqués au moins depuis 1500 av. J.-C..
En dépit de leur proximité géographique, de leur taille et de leurs robes souvent similaires, le Dartmoor et l'Exmoor ne partagent vraisemblablement pas la même origine. Les études nient tout lien entre ces deux populations. Les mâchoires de l'Exmoor possèdent une conformation particulière et les traces d'une septième molaire, unique parmi les races de chevaux actuelles. Les poneys du Dartmoor possèdent un lien étroit avec l'Old Devon pack horse (le « vieux cheval de bât du Devon »), issu de croisements entre ces derniers et l'Exmoor. Une autre race proche est le Cornish Goonhilly Pony (le poney cornique de Goonhilly). Comme la précédente, elle a disparu de nos jours5. Le poney du Dartmoor connaît beaucoup d'influences extérieures, notamment celle de poneys et chevaux amenés dans la région pour satisfaire les besoins de l'industrie minière jusqu'au XXe siècle : de tous temps, des animaux s'échappent et retrouvent la vie sauvage. Des croisements avec le cheval oriental sont possibles dès le XIIe siècle